Début octobre, j’ai traversé la France. Départ de Huismes, en Touraine, à deux pas de la Loire. Arrivée à Aix-en-Provence. Entre les deux, un leporello s’est déplié, page après page, au rythme de la route.
Le premier trait est venu à Riom, un dimanche à 10 heures. Les cloches de Notre-Dame-du-Marthuret sonnaient à toute volée. Ding, dong. En terrasse, deux hommes partageaient un café sans se presser. Je les ai dessinés avec la tour du clocher et les façades ocre de la rue.
À midi et demi, place de Jaude, à Clermont-Ferrand. Je suis allé rendre visite à mon copain Vercingétorix, toujours aussi fougueux sur son cheval. J’en ai profité pour manger un croque-madame à 16,90 €. Il fallait bien le noter. En quittant la place, petite halte réjouissante à la Momie, pour acheter le dernier Manu Larcenet.
L’après-midi, changement d’ambiance. À La Chaise-Dieu, en Haute-Loire, le chant des oiseaux a remplacé les bruits de la ville. L’abbaye se pose sur les collines vertes. La route continue de monter.
À 18 heures, le Mont Gerbier de Jonc, en Ardèche. 1551 mètres. Un pain de sucre tout hachuré d’encre. Et à son pied, une découverte qui m’amuse encore : la Loire n’a pas une source, mais trois. La source authentique, la source géographique et la source véritable. Parti des bords de la Loire le matin, je me retrouvais à sa naissance le soir. Le leporello avait trouvé son fil.
Le lendemain, 10 heures, Aix-en-Provence. Paul Cézanne m’attendait, chevalet sur l’épaule, à la recherche du motif. Face à lui, une pelleteuse jaune creusait la terre. Chacun son chantier. Je les ai réunis sur la même page.
Comme toujours, tout a été dessiné sur place, à l’encre et à l’aquarelle. Pas de photo, pas de retouche en atelier. Juste la route, les arrêts, et ce que le regard attrape en passant.
Clermont-Ferrand, je la retrouverai très vite : du 13 au 15 novembre, je serai au Rendez-vous du Carnet de Voyage avec mon livre sur le Cap Nord.